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Parcours de champions - L'entrepreneuse à la discipline d'acier

Après des études à Sciences Po et un début de carrière entre l’Amérique Latine et l’Europe, Erell Tassin a posé ses valises au sein du réseau d’incubateurs EDHEC Entrepreneurs à Station F pour développer My Fenix, la startup dont elle est la co-fondatrice. Entre sa vie d’entrepreneuse et son combat pour permettre aux femmes de “prendre leur part du gâteau”, Erell Tassin nous dévoile son quotidien d’entrepreneuse au mental de fer.

Temps de lecture :
2 Juil 2024
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Erell Tassin - EDHEC Entrepreneurs

Si un athlète de haut niveau et un entrepreneurs courent un 110m haies propre à chacun, tous deux participent à bien plus qu’une course aux succès. Notre série spéciale "Parcours de champions" célèbre ceux qui osent rêver et créer avec passion, discipline, résilience et détermination. Découvrez ces champions qui façonnent l'avenir et composent notre communauté d'EDHEC Entrepreneurs !

 

 

Toutes les routes mènent à l’entrepreneuriat

 

Au premier abord rien ne prédestinait Erell Tassin à devenir entrepreneuse. Depuis son environnement familial jusqu’à ses études supérieures, la culture startup n’a jamais fait partie de son quotidien. C’est pourtant en intégrant Sciences Po dans l’optique d’”avoir un impact sur le monde en étudiant les grands sujets de société sous des prismes politiques, économiques et sociaux” que la jeune femme intègre l’incubateur de son école.

 

Avec un petit groupe d’étudiants, elle part découvrir la Silicon Valley et les grands succès de l’écosystème entrepreneurial américain tel que Google et Facebook. Une première expérience qui la “pousse vers les startups et les innovations” sans pour autant lui donner l’impulsion nécessaire pour se lancer elle-même dans l’aventure. “Je ne me sentais pas légitime à monter ma boîte et je pense que ce type d’études ne m’y a pas naturellement poussée non plus.

 

Si elle estime manquer de confiance et d’expérience pour se lancer à la sortie de ses études, Erell ne s’éloigne pas pour autant de cet écosystème. Son diplôme en poche, elle débute sa carrière en Amérique Latine en tant qu’Analyst Venture Capital chez ENGIE avant de rejoindre la partie startup studio où elle contribue à la création de startups pour le groupe. Si la startup studio revêt un aspect challengeant et gratifiant en contribuant au lancement de multiples projets, la volonté d’avoir un projet qui lui soit propre pousse Erell à co-fonder My Fenix après un premier projet de startup avorté. “Le déclic ça a été le moment où je me suis dit qu’il y avait un besoin qui n’était pas adressé et que j’avais envie de le résoudre par mes propres moyens et avec plus de libertés”. L’entrepreneur, comme le sportif de haut niveau, puise sa motivation, ses drivers, dans une vision ambitieuse. Et il s’engage pour concrétiser cette vision, en relevant et accueillant chaque défi.

 

 

 

My Fenix, ou l’investissement au féminin

 

A travers My Fenix, Erell Tassin et ses deux cofondateurs Caio Zeidler et Virginie Cornu se donnent pour mission de démocratiser l’accès au secteur financier pour les femmes et de les accompagner à investir. Pour cela, ils proposent un parcours éducatif axé sur la mise en avant de rôles modèles féminins dans la finance. “On s’est rendu compte qu’il y avait un enjeu de représentativité et que l’un des premiers frein à l’investissement des femmes était leur éducation financière plus limitée que celle des hommes”.

 

Ces écarts d’éducation apparaissent dès le plus jeune âge. My Fenix tente donc de faire prendre conscience aux femmes de leurs biais et croyances limitantes en matière d’investissement. Pour autant pas question de rajouter une charge dans leurs emplois du temps déjà saturés ! Erell et son équipe développent des modules de 2 minutes par jour pour (ré)apprendre les finances personnelles en partant de la base jusqu’à des niveaux plus poussés sur l’investissement. Prochain objectif pour My Fenix : créer des portefeuilles d’investissement en lien avec les valeurs des utilisatrices et le rendement !

 

Au delà du développement de My Fenix, Erell Tassin est aussi une jeune femme engagée en faveur de la valorisation des femmes dans l’écosystème entrepreneurial : “Les femmes sont toutes aussi ambitieuses que les hommes à se lancer et à lever des fonds, mais l’écosystème VC majoritairement masculin constitue un obstacle où elles sont davantage challengées sur la partie business model que les hommes”.

 

Cet engagement permet à My Fenix d’intégrer la sélection Challenge des “100 startups dans lesquelles investir en 2024” et à Erell de rejoindre le programme très prisé des 101 femmes entrepreneures. Une occasion privilégiée de pitcher MyFenix devant Gabriel Attal et Aurore Berger, alors qu’en “intégrant Sciences Po, [elle] ne pensait pas aller à Matignon de cette façon.”

 

 

 

Remporter la victoire, un travail d’équipe

 

Si la jeune femme semble arborer un sourire à toute épreuve, elle cache également une confiance en elle en constante construction. “Quand on nous a appelé pour la sélection du Challenge, je me suis dit, mais il se sont trompés, ce n’est pas possible. J’ai toujours besoin de travailler cette confiance en moi”. Pour y faire face et conserver un tempérament de championne, Erell puise dans son entourage, en s’inspirant d’hommes et de femmes forts, comme Laura Lesueur sur des sujets d’empowerment et d’audace au féminin.

 

La force d’Erell, c’est aussi sa capacité à identifier ses forces et s’entourer en conséquences : “Un jour un investisseur m’a dit : il vaut mieux se concentrer sur ses forces et les améliorer plutôt que d’essayer à tout prix de travailler sur ses faiblesses. Un conseil qu’elle s’est appliquée à développer en créant une équipe complémentaire dont elle est très fière : “Je ne serai rien sans mon équipe.”

 

Entrepreneurs et athlètes s'efforcent de maximiser leurs chances de succès en capitalisant sur leurs forces et en comblant leurs lacunes pour concrétiser leurs ambitions. Bien s'entourer pour compléter ses compétences devient alors crucial.

My Fenix EDHEC

“Ce que je préfère dans l’entrepreneuriat, c’est la possibilité d’être en dehors de sa zone de confort en permanence et d’apprendre chaque jour. Il n’y a rien de pire qu’un job où je n’apprendrais rien. Je ne pense pas qu’il existe une meilleure école que l’entrepreneuriat pour monter en compétences et toucher à tout. C’est un super terrain de jeu !”

“Il n’y a pas d’échecs tant qu’on a pas arrêté”

 

Après une première startup avortée, cette surfeuse cachée aurait pu s’arrêter là. Mais sa résilience allait l’emmener plus loin. “Les champions, on les voit gagner à la fin, mais personne ne voit tous les échecs qu’ils ont dû essuyer pour en arriver là.” Alors oui, elle aurait aimé se lancer plus tôt en profitant de son CDI pour commencer et gagner du temps sur son projet, elle aurait pu tout abandonner parce que “l’entrepreneuriat ce n’est pas facile tous les jours”, mais au bout du tunnel, il y avait un projet et une vision en lesquels elle croyait fermement !

“Il faut redéfinir ce qu’est l’échec. L’échec pour moi, c’est de ne pas aimer ce qu’on fait, de rester coincé dans un job qui ne nous plait pas, de ne pas savoir pourquoi on se lève le matin… Je n’ai pas encore échoué parce que je n’ai pas encore dit mon dernier mot !”

Finalement Erell Tassin représente cette championne qui face aux épreuves ne baisse pas les bras et s’entoure des meilleurs pour porter sa vision et ses projets jusqu’aux sommets. Capitalisant sur un mindset digne des plus grands sportifs, elle rythme sa vie professionnelle comme personnelle grâce à une discipline et une rigueur lui permettant d’aller au bout de ses idées et d’avoir l’impact qu’elle a toujours rêvé d’avoir.

 

Le sportif s'entraîne quotidiennement, quelles que soient les conditions, pour atteindre ses objectifs à long terme. De même, l’entrepreneur doit travailler régulièrement sur sa vision. La discipline quotidienne et la persévérance sont les piliers du succès. Chaque jour, l’entrepreneur affine sa vision, développer ses compétences et surmonter les défis, tout comme l’athlète le ferait pour améliorer ses performances. En intégrant cette rigueur et cette détermination dans leur routine, les entrepreneurs peuvent espérer non seulement atteindre leurs objectifs, mais aussi exceller et innover dans leur domaine.

 

Une chose est sûre : Erell n’est pas prête de s’arrêter là !

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