L’EDHEC, partenaire académique du ChangeNOW Summit 2026
Pour la deuxième année consécutive, l’EDHEC Business School a été partenaire académique du ChangeNOW Summit : un rendez-vous international consacré aux solutions pour la planète. Scientific Climate Ratings – an EDHEC Venture –, EDHEC Climate Institute, ainsi que l’EDHEC NewGen Talent Centre ont pris part à cette édition, organisée les 30 et 31 mars ainsi que le 1er avril 2026 au Grand Palais, à Paris.
Le 31 mars au matin, Rémy Estran-Fraioli, CEO de Scientific Climate Ratings, est intervenu lors de la table ronde Adaptation & The Cost of Inaction, aux côtés d’Oxana Meggle, Senior Investment Officer & Sustainable Finance au World Bank Group, et Sandrine Bouttier-Stref, Global Head of CSR & General Delegate pour Foundation S (Sanofi).
Quantifier le coût réel de l’inaction climatique
Durant cet échange, il a d’abord présenté le champ d’action de Scientific Climate Ratings, en particulier la quantification de l'impact financier des risques climatiques. Rémy Estran-Fraioli est notamment revenu sur le coût de l’inaction en matière de lutte contre le changement climatique, en s’appuyant sur l’analyse par Scientific Climate Ratings des liens entre catastrophes climatiques et risques financiers. Il a également évoqué l’un des défis de notre société : concilier le court et le long terme, en réunissant autour de la table des décideurs d’horizons variés. En conclusion, il a exhorté chacun à mesurer son prix personnel de l’inaction — que l’on soit investisseur, une entreprise ou un propriétaire immobilier — et à appréhender le risque climatique pour ce qu’il est : un risque à part entière, quantifiable et susceptible d’être anticipé. Il a rappelé que : « nous disposons aujourd’hui des outils pour quantifier non seulement le coût de l’inaction, mais aussi les bénéfices de l’action. En intégrant les risques climatiques et les solutions d’adaptation aux décisions financières, le capital peut être réorienté. Et lorsque le capital se déplace, des changements peuvent s’opérer à grande échelle. »
Renforcer la résilience des territoires côtiers
L’après-midi, l’EDHEC Climate Institute a organisé un workshop dédié à la résilience côtière Coastal Resilience: From Science to Solutions & Financing autour d’une question centrale : comment transformer la connaissance des risques climatiques en actions et financements pour adapter les territoires côtiers ?
Les discussions ont réuni Camille Angué et Anthony Schrapffer (respectivement Deputy Director et Scientific Director à l’EDHEC Climate Institute), Sarah Kieling (Blue Finance Lead à Waves of Change Coalition, une association avec laquelle ECI vient de conclure un partenariat), Pierre Emmanuel Noël (Head of Unit à la Banque européenne d’investissement) et Marie Philippe (Directrice de cabinet du Ministre délégué à la Francophonie et aux partenariats internationaux). Ensemble, ils ont apporté des éclairages concrets sur les défis des territoires côtiers, depuis la compréhension scientifique des risques jusqu’aux leviers financiers et politiques, et aux solutions pratiques permettant d’agir à grande échelle.
Camille Angué, s’appuyant sur les travaux de l’EDHEC Climate Institute, a indiqué que les territoires côtiers sont particulièrement exposés à des risques climatiques majeurs — montée du niveau de la mer, inondations, tempêtes ou érosion — qui menacent à la fois les populations, les actifs et les infrastructures. Si la vulnérabilité des côtes n’est pas nouvelle, l’intensification des phénomènes extrêmes, leur caractère incertain et leur répartition inégale en modifient profondément la portée. La question n’est désormais plus de savoir si ces territoires seront affectés, mais où, comment et à quel coût. Elle a ainsi rappelé que, selon le réseau C40 — un réseau mondial de grandes villes engagées dans la lutte contre le changement climatique et la promotion de la résilience urbaine —, entre 2 000 et 3 500 milliards de dollars d’actifs sont déjà exposés au risque d’inondation dans les grandes villes côtières.
Anthony Schrapffer, pour sa part, a souligné que l’ampleur des coûts économiques liés aux impacts du changement climatique sur les zones côtières s’explique en grande partie par la forte exposition et l’insuffisante adaptation des infrastructures côtières. « Sans indicateurs, il n’y a pas de pilotage possible », a‑t‑il précisé. Dans ce contexte, les notations climatiques jouent un rôle déterminant en rendant le risque visible, quantifiable et exploitable dans la décision financière. Elles permettent d’évaluer le coût de l’inaction, de mesurer les bénéfices d’une action précoce sur les territoires et d’orienter le capital vers des solutions renforçant la résilience des actifs.
Explorer le spectre de la responsabilité dans le monde du travail : regard sur les nouvelles générations
Le 1er avril, lors de la conférence intitulée Aligner ses aspirations et ses compétences : le nouveau compas des carrières à impact, Manuelle Malot, directrice de l’EDHEC NewGen Talent Centre, est intervenue aux côtés de Julie de Mony-Pajol, responsable senior de l’Impact chez EcoVadis, et de Christophe Drozo, membre du conseil de surveillance de l’ICGS (Institut de formation en Comptabilité et Gestion Soutenables). Lors de cet échange, Manuelle Malot a mis en lumière le lien étroit entre les nouvelles générations et la responsabilité environnementale et sociétale, soulignant que celles-ci refusent désormais de dissocier leurs convictions personnelles de leur trajectoire professionnelle. Elle a insisté sur les qualités clés pour s’insérer dans un monde professionnel en transformation, telles que l’esprit critique, l’agilité et le courage. Par ailleurs, la réussite ne se mesure plus à la seule ascension hiérarchique : le parcours linéaire dicté par le statut laisse place à des trajectoires plus engagées, où l’on ne cherche pas seulement un poste, mais un projet porteur de sens.
Elle a ensuite rappelé que la prise en compte des enjeux de développement durable ne se limite plus aux seuls postes dans les secteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) ou de l’humanitaire, mais concerne l’ensemble des métiers dès lors qu’il s’agit de « tenir les entreprises comptables de leur impact ». Elle a également mis en avant l’intégration des enjeux environnementaux et sociaux dans des fonctions aussi variées que les achats, la comptabilité, la logistique ou l’événementiel. L’équation, selon elle, s’est inversée : il ne s’agit plus de faire entrer les jeunes dans des carrières préétablies, mais bien d’aligner leur fibre citoyenne avec les besoins de transformation des entreprises.
Captation vidéo : Adaptation & The Cost of Inaction (lien Youtube)