Le coaching à EDHEC Online : rencontre avec Antony Giraud

Publié le 12 août 2021.


Dans le cadre du Master Online de l’EDHEC, les étudiants ont l’opportunité de travailler sur une problématique concrète pour une entreprise de leur choix : c’est le consulting project.

Pour mener à bien ce véritable rôle de consultant et choisir un sujet en lien avec leur plan de carrière, ils sont accompagnés et guidés par un coach. C’est le rôle d’Antony Giraud, senior executive avec 25 ans d’expérience à l’international. Quels sont ses objectifs et méthodes ? Rencontre avec un coach dont la mission est de faire se “révéler” les étudiants.

antony giraud coach

Pouvez-vous nous parler de votre expérience professionnelle et des circonstances qui vous ont amené à être coach pour le Master Online de l’EDHEC ?

Le côté senior executive et international business de mon profil avait retenu l’attention de la Directrice du Programme. J’ai travaillé 25 ans en direction d’entités internationales pour de grands groupes allemands ou américains. Lors de mon dernier poste au sein d’une structure américaine, outre de fréquents voyages aux Etats-Unis, je dirigeais 6 centres de profits à travers l’Europe. J’ai également travaillé près de 20 ans sur la région Europe-Moyen Orient-Afrique dont 2 ans en habitant à Casablanca au Maroc. J’ai aussi beaucoup voyagé professionnellement en Asie du Sud Est. J’ai donc la chance d’avoir une compétence sur 4 continents.

Je donne également des cours d’international business et de gestion de comptes-clé à l’EDHEC.

 

En quoi consiste votre rôle de coach ?

Quand la notion de consulting project a été implémentée au sein du MSc, on pensait que les étudiants allaient pouvoir définir assez rapidement eux-mêmes le sujet sur lequel ils voulaient travailler. On s’est rendu compte que les étudiants avaient du mal à capturer l’essence de ce qu’on leur demandait. Très vite est donc apparu le besoin d’avoir quelqu’un qui allait les accompagner dès le démarrage du projet.

Cet accompagnement a un triple objectif : l’objectif numéro 1 est de cibler un sujet suffisamment précis pour aller en profondeur sans se disperser. Le 2ème point qui paraissait important est que ce sujet soit en phase avec leurs aspirations professionnelles. L’accélération de carrière d’un programme exécutif est toujours réel, mais si en plus on cible bien son consulting project, c’est un boost extraordinaire. Le 3ème point c’est qu’il y ait du “fun”, car c’est un sujet sur lequel ils vont travailler pendant 6 à 9 mois. C’est sur ce triptyque qu’on insiste et cela fonctionne.

Les participants sont invités à me contacter aussi souvent qu’ils le souhaitent sur les horaires définis. On échange pendant 20 minutes en individuel pour clarifier le projet, ce que ça va leur apporter et surtout faire le lien entre leurs envies et la réalité. C’est sur tout cela que je les accompagne. On a aussi développé 2 à 3 classes virtuelles de manière à leur permettre de se regrouper tous ensemble, de partager leurs expériences.

Dans un délai d’un mois après avoir soumis leurs sujets, on leur alloue un academic supervisor qui sera leur responsable de mémoire pendant 6 à 9 mois. J’ai vraiment le rôle de facilitateur au démarrage.

 

Quand vous coachez les participants du Master Online, quel est votre objectif ?

Pour moi, un coaching réussi c’est quand, après avoir parlé d’eux, de leurs envies, de la société avec laquelle ils souhaitent travailler, on arrive à être suffisamment dans la précision et la finesse pour qu’ils atteignent un déclic. Ce que les anglo-saxons appellent un “Woah moment”. Au départ, tous sont sur des sujets extrêmement larges. C’est par une série de questionnements qu’on arrive enfin à trouver la bonne problématique pour eux.

Je vous donne l’exemple concret d’une étudiante au profil international qui a travaillé dans les relations presse pendant plusieurs années en agence de communication. Elle voulait rajouter une dimension “humaine” à sa technique de gestion de projet. En échangeant ensemble, on a identifié qu’il existait un élément permettant de “faire le pont” entre les deux : l’employee advocacy (quand les employés deviennent les porte-parole de la marque). Cette notion la passionnait mais pensant qu’elle était trop niche et n’arriverait donc pas à la valoriser, elle n’osait pas se lancer. C’est l’inverse qui s’est produit. Cette expertise dans un domaine très particulier était très attractive pour les entreprises. Elle a très vite réussi à avoir un partenariat avec le plus gros embouteilleur européen de Coca-Cola qui va lui permettre de travailler sur l’employee advocacy au sein du groupe en France, mais aussi en Allemagne et en Espagne.

 

Comment utilisez-vous votre propre expérience professionnelle dans votre approche du coaching ?

Mon rôle est de comprendre qui il sont, ce qu’ils veulent et ne veulent pas, et de les rassurer. Je pratique depuis des années les techniques de questionnement, de miroir, qui leur font exprimer leurs peurs et leurs envies. Je suis aussi quelqu’un de très curieux, j’ai donc la possibilité de les aiguiller car j’ai une vision transversale de plusieurs sujets, que ce soit en finance, RH, marketing, IT.

 

Faut-il avoir été coaché pour pouvoir faire le même exercice avec d’autres personnes ?

Je pense que c’est plus une aptitude à poser des questions. Il est nécessaire d’avoir eu, en face de soi, quelqu’un qui était vraiment à l’écoute et posait des questions pertinentes pour comprendre l’importance du questionnement. J’ai la chance d’avoir eu de très bons mentors et coachs dans ma carrière, des personnes avec qui je ne travaille plus depuis des années, mais avec lesquelles je suis régulièrement au téléphone encore aujourd’hui.

 

Le format “online” est-il un frein pendant les séances de coaching ?

La probabilité pour être dans le même pays ou la même ville que son manager ou son équipe est extrêmement limitée quand l’on travaille à l’international. Il faut développer des habitudes de travail en ligne, comme utiliser les outils collaboratifs, avoir sa caméra toujours enclenchée dans les réunions, et être dans un cadre silencieux pour se concentrer et regarder tout le non verbal. Il y a énormément de non verbal qui passe par la caméra, alors qu’au contraire, avec le port du masque qui cache une partie du visage, on est en perte d’informations, même en présentiel.

Il y a eu aussi un accélérateur forcé sur les 18 derniers mois qui a créé une habitude d’être à distance. A travers l’intimité que donne la relation one-on-one même à distance, il est possible d’aborder des sujets qu’il n’aurait pas été facile d’aborder en open space ou à la machine à café. On peut créer du lien même à distance.

 

Comment les participants abordent-ils le coaching ?

80% des étudiants sont très enthousiastes, comprennent l’importance du projet et suivent les recommandations qu’on leur donne. D’autres commencent très tard, ne prennent pas la mesure de ce que cela représente et se retrouvent tout à coup face à des heures de travail.

Certains étudiants auront besoin de 6 ou 7 sessions individuelles pour clarifier leur projet, et être rassurés. A l’inverse, des personnes beaucoup plus seniors, en une session, seront immédiatement capables de trouver le bon angle pour valoriser leur carrière. Mais cela nécessite une maturité plus importante, une capacité à prendre des décisions, une finesse dans la manière dont on comprend son business et ce que l’on veut en retirer. Entre ces 2 extrêmes, il y a tout un dégradé de talents différents.

 

« Ce que je préfère dans mon rôle de coach, c’est se faire se révéler les gens et leur montrer que l’univers des possibles est là autour d’eux et que s’ils ont envie de faire quelque chose, c’est maintenant ! »

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