« Produire un film, c’est toujours un mélange entre le sujet, la vision artistique et la projection qu’on en fait dans le marché. » Antoine Playoust (EDHEC 2018), producteur de cinéma

Comment devient-on producteur de film ? De quelle façon passe-t-on du rôle de simple spectateur à celui d’expert des rouages du septième art ? Dans cet entretien, Antoine Playoust (EDHEC 2018), producteur de cinéma, revient sur son parcours, son lien avec le cinéma et les réalités de son métier. Il partage également les motivations qui l’ont conduit à se lancer dans la production de son second long-métrage, Qui brille au combat, réalisé par Joséphine Japy.  

Temps de lecture :
22 Jan 2026
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Pouvez-vous revenir sur les grandes lignes de votre parcours, de l’EDHEC jusqu’à votre métier actuel de producteur ?  


Diplômé de l’EDHEC en 2018, j’ai rejoint, à ma sortie, Nicolas Tzpine (EDHEC 2015) et mon frère afin de les accompagner dans le développement de Cowboys, une agence de publicité spécialisée dans la création de films et de photographies pour les marques du secteur du luxe. Forts de cette expertise, nous avons ouvert un département cinéma en 2021. J’en assure aujourd’hui la direction opérationnelle, en parallèle de mon rôle de producteur. Nous avons d’abord produit six courts-métrages – en dix-huit mois, puis un premier long-métrage, La Récréation de juillet, et un second, actuellement en salles, Qui brille au combat.


Votre intérêt pour le cinéma remonte-t-il à vos études à l’EDHEC ?  


J’ai toujours été cinéphile, mais étudiant à l’EDHEC, mon projet professionnel était davantage de monter une structure dans un environnement culturel. Le cinéma est venu ensuite, naturellement, parce que mes associés et moi avions envie d’en faire, même si nous ne savions pas encore ce que cela impliquait concrètement. 


Votre regard sur le cinéma a-t-il changé en devenant producteur ?  


Oui, c’est passé d’un simple plaisir de spectateur à un métier ! J’ai découvert les rouages de la production, la complexité de fabrication d’un film. Cela a renforcé mon admiration pour le métier de réalisateur, au point qu’aujourd’hui, il m’est difficile de dire du mal d’un film : je mesure trop ce qu’implique d’aboutir à un projet fini. On navigue en permanence entre le regard du spectateur et celui du fabricant. 


Comment définiriez-vous le métier de producteur ?  


Le producteur est l’unique personne présente du début à la fin d’un film : de l’idée jusqu’à la sortie en salles. On travaille d’abord sur l’aspect artistique avec les auteurs et le réalisateur pour construire une proposition solide et cohérente avec le marché. Ensuite, on lève les financements nécessaires. On doit convaincre que le film trouvera son public. En quelque sorte, je suis le premier spectateur du film.


Comment apprend on ce métier ?


La partie artistique repose sur l’instinct et le goût, mais la partie financement est liée à mes études : analyser un marché, définir les atouts d’un « produit », construire un budget, gérer un projet. Le cinéma est une industrie, avec une forte dimension juridique et financière. Mes études m’ont donné les outils pour structurer tout cela. Néanmoins, je pense que la passion est indispensable pour persévérer dans cet univers artistique et sensible. C’est aussi un métier d’expérience : on apprend en faisant. On commence par des courts-métrages, puis un premier long, puis un second avec un budget plus important. Chaque étape est un baptême du feu.


Pourquoi avoir choisi de produire Qui brille au combat ?  


Le sujet nous a immédiatement touchés : une maladie rare, un diagnostic difficile, mais surtout une histoire universelle sur la famille, les relations sororales, le couple, et la manière dont une famille évolue face aux épreuves. Le film a aussi une dimension politique et sociale forte. Il met en lumière le quotidien d’une famille vivant avec un enfant en situation de handicap. C’était important pour nous de porter cette histoire.  

Nous avons aussi été séduits par la vision de la réalisatrice. Dès les premières discussions, nous étions alignés sur l’ambition artistique. Enfin, nous avions la conviction que le marché répondrait positivement au projet. Produire un film, c’est toujours un mélange entre le sujet, la vision artistique et la projection qu’on en fait pour le marché.


Quel est l’élément essentiel qui détermine votre choix de produire un film ?  


L’envie. Il faut avoir profondément envie de défendre un film pendant plusieurs années. Produire un film, c’est un combat de quatre ans. Il faut être convaincu à 1000 % que ce film doit exister.


Comment envisagez-vous la suite ?


Continuer à raconter des histoires, que ce soit en publicité ou en cinéma, et explorer des formats hybrides. Les financements purement issus du cinéma ne suffiront plus : notre enjeu est de créer des synergies entre nos deux activités, publicité et cinéma, pour imaginer de nouveaux modèles et de nouveaux formats.

 

Qui brille au combat, en salle depuis le 31 décembre 2025
Réalisation : Joséphine Japy  
Interprètes : Mélanie Laurent, Angelina Woreth, Pierre-Yves Cardinal, Sarah Pachoud, Félix Kysyl
 

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