« Plutôt que de nous lancer seuls, nous avons choisi de rejoindre EDHEC Entrepreneurs et de nous appuyer sur son réseau », Plabon Rahman, COO d’AfriSAF

Incubé depuis six mois à Station F, au sein d’EDHEC Entrepreneurs dans le cadre d’un partenariat avec la London Business School, Plabon Rahman pilote le développement d’AfriSAF en tant que COO. Cette startup facilite l’approvisionnement du marché des carburants d’aviation durables, à travers une plateforme en ligne, en mettant en relation des producteurs africains de matières premières issues de déchets agricoles et des industriels du secteur. Établie au Ghana, l’entreprise prévoit de s’étendre au Kenya, en Éthiopie, en Ouganda, en Tanzanie et en Afrique du Sud. Dans cet entretien pour l’EDHEC, Plabon Rahman revient sur les raisons qui l’ont poussé à rejoindre l’incubateur de l’école et sur les ambitions pour son entreprise.

Temps de lecture :
29 Sep 2026
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À quel moment vous êtes-vous lancé dans l’entrepreneuriat ?


À la suite de plusieurs expériences au sein de grands groupes du secteur de l’énergie, notamment OTIS et GRDF. Ces années m’ont permis d’approfondir ma compréhension des enjeux de la transition énergétique et de mesurer l’ampleur des transformations nécessaires à la décarbonation du secteur. Afin de préparer au mieux cette nouvelle étape professionnelle, j’ai suivi un double MBA à la London Business School et à Columbia Business School. 


AfriSAF est accompagné par l’incubateur de la London Business School et EDHEC Entrepreneurs. Qu’est-ce qui vous a donné envie de venir développer votre projet à Paris ?


AfriSAF se situe à l’intersection de plusieurs régions : nos opérations se développent en Afrique, notre entreprise est établie au Royaume-Uni et une grande partie de nos clients potentiels (partenaires industriels et investisseurs) se trouvent en Europe. 

Plutôt que de nous lancer seuls, nous avons choisi de rejoindre EDHEC Entrepreneurs et de nous appuyer sur son réseau afin de mieux comprendre les codes du marché français et européen, tout en construisant progressivement des relations de confiance. 

Paris n’est donc pas seulement une nouvelle implantation pour AfriSAF : c’est un véritable point de connexion entre nos activités en Afrique et nos ambitions de développement en Europe.


Comment vos premières semaines se sont-elles passées à STATION F ? Qu'est-ce qui vous a le plus marqué lors de votre arrivée ? 


Une anecdote résume assez bien nos premiers jours : lorsque nous présentions AfriSAF, certains pensaient que nous étions une entreprise agricole, d’autres une startup technologique, d’autres encore un acteur des carburants durables. Chacun retenait la partie la plus proche de son univers ! Cela nous a obligés à repenser la manière dont nous présentons notre entreprise.

Ma première impression a aussi été celle d’un environnement dynamique et accessible : STATION F peut impressionner par sa taille et par le nombre d’acteurs présents, mais sa véritable valeur réside dans la facilité avec laquelle les conversations se créent et les liens se tissent. 

Enfin, j’ai beaucoup apprécié la proximité de l’équipe d’EDHEC Entrepreneurs. Bien que nous soyons présents dans le cadre d’un programme d’échange, nous avons rapidement eu le sentiment de faire pleinement partie de la communauté. 


Avec quelques mois de recul, qu'est-ce que cette immersion à Paris vous a déjà permis d'accélérer concrètement pour AfriSAF ? 


Depuis notre incubation, nous avons gagné en visibilité sur l'écosystème français et sur les interlocuteurs pertinents à contacter. Cela facilite la création de nouvelles opportunités et rend nos discussions avec les industriels, les investisseurs et les partenaires potentiels plus ciblées et efficaces.

Cette immersion parisienne nous a également apporté un regard extérieur précieux. Lorsqu’on travaille depuis longtemps sur un projet aussi complexe, il est facile d’adopter un discours trop technique. Être confrontés à des profils très variés nous a poussés à prendre du recul pour clarifier notre vision et mieux structurer notre message. Un exercice essentiel pour gagner en visibilité auprès de nos interlocuteurs.


Quelle est la prochaine grande étape pour AfriSAF ? À quoi vont ressembler les prochains mois ? 


Sur le terrain, nous souhaitons consolider et développer nos activités d’approvisionnement, tout en structurant des partenariats durables avec les coopératives et les clients industriels.

À plus long terme, notre ambition est de faire d’AfriSAF un acteur de référence des chaînes d’approvisionnement en matières premières destinées aux carburants durables. Nous voulons rendre les ressources agricoles africaines davantage accessibles, traçables et compétitives, tout en veillant à ce qu’une plus grande part de la valeur créée reste dans les territoires où elles sont produites.
 

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