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Décider d’entreprendre : êtes-vous prêt (e ) à franchir le cap ?

Interview de Jean-Luc Ayme, dirigeant, entrepreneur et conseil en entrepreneuriat, à l’occasion du lancement du programme court « Décider d’entreprendre ».

Temps de lecture :
6 Nov 2026
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Alors qu’environ 50 % des projets entrepreneuriaux échouent dans les cinq premières années, la décision d’entreprendre mérite d’être accompagnée aussi sérieusement que le passage à l’action. C’est l’ambition du programme « Décider d’entreprendre », inscrit dans l’ADN de l’EDHEC : aider les cadres expérimentés à interroger leur envie, leur profil et leur adéquation avec la réalité du métier d’entrepreneur. Dans cet entretien, Jean-Luc Ayme revient sur l’importance de cette étape préalable, décisive, et sur l’originalité de la méthode proposée.

 

On parle beaucoup de la manière d’entreprendre. Mais la décision d’entreprendre est-elle suffisamment prise en compte ?
 

C’est justement le constat qui est à l’origine de notre approche du programme « décider d’entreprendre ». Il existe beaucoup de formations sur le « comment entreprendre » : comment pitcher, comment lever des fonds, comment créer une start-up… Tout un écosystème existe déjà et le fait très bien.

Avec « Décider d’entreprendre », nous avons choisi de nous placer en amont, auprès de cadres qui s’interrogent sur leur avenir professionnel et qui ont une envie – ou une intuition – de devenir entrepreneurs, sans avoir encore formellement pris leur décision.
L’idée est donc de les accompagner dans leur décision de devenir, ou non, entrepreneur. C’est un moment très particulier... et très important !


Que faut-il chercher à comprendre avant de prendre cette décision ?


Déjà comprendre qu’un échec entrepreneurial ne tient pas nécessairement à une mauvaise idée. C’est surtout la personne de l’entrepreneur qui est déterminante. Si un projet sur deux ne dépasse pas la cinquième année d’existence, c’est souvent parce les personnes qui le portent découvrent que la réalité de l’entrepreneuriat ne correspond pas à ce qu’elles avaient imaginé.
Notre ambition est d’aider ceux qui vont se lancer à le faire en ayant une vision plus juste de ce qui les attend et en sachant davantage pourquoi ils le font. Éclairer leur choix de façon concrète, au-delà de la vision romantique que notre société a tendance à associer à l’entrepreneuriat.


Vous avez vous-même vécu ce passage du salariat à l’entrepreneuriat. Est-ce important pour parler de cette décision ?


Oui, et c’est un point qui me tient à cœur : tous les intervenants du programme ont fait cette bascule de cadre vers entrepreneur. Nous avons tous été confrontés, à un moment donné, à cette décision de quitter le salariat, pour passer « de l’autre côté ».

C’est à mon sens déterminant d’avoir personnellement vécu ce dont on parle. Cela permet d’aller beaucoup plus loin qu’une approche qui serait uniquement théorique. Chacun des intervenants connaît, par son propre parcours, ce moment où l’on s’interroge avant de franchir le pas.


Pourquoi cette réflexion est-elle particulièrement importante pour des cadres expérimentés ?


Parce qu’on peut avoir très bien réussi jusque-là dans sa vie professionnelle et se retrouver dans une situation très différente en devenant entrepreneur. Le cœur du sujet, c’est que ce qui fait le succès d’un manager n’est pas ce qui fait le succès d’un entrepreneur. Il existe évidemment des traits communs, mais aussi toute une série de comportements qui ne sont pas du tout les mêmes.


On peut donc avoir eu un parcours de manager très réussi, décider qu’il est temps de tourner la page et de vivre une nouvelle aventure, sans pour autant avoir un profil en adéquation avec ce que va demander le métier d’entrepreneur. C’est précisément l’une des choses qu’il est indispensable d’examiner avant de se lancer.


Peut-on objectiver une décision aussi personnelle ?


On peut apporter des éléments factuels. Par exemple comprendre en quoi va constituer la bascule professionnelle, mais aussi personnelle. Les conséquences financières, fiscales, patrimoniales, etc.

C’est aussi le rôle du test de psychologie comportementale que nous utilisons. Sa vocation est d’identifier les habitudes et les appétences comportementales : qu’est-ce que j’aime faire et comment est-ce que j’aime naturellement le faire ? Comment ai-je tendance à aborder un problème ou une situation ? Il ne s’agit donc pas de mesurer des compétences, mais de cartographier des préférences.


Le test s’appuie sur une base de données constituée depuis plusieurs décennies, qui permet de rapprocher ces caractéristiques de différents univers professionnels. On peut ainsi observer que la réussite dans certains métiers est statistiquement associée à certains profils comportementaux.
Cela ne signifie évidemment pas que l’on ne peut pas réussir si l’on ne correspond pas au profil d’entrepreneur. Mais ça va demander davantage d’efforts parce qu’on sera plus éloigné de son fonctionnement naturel.


En quoi ce test se distingue-t-il d’outils de personnalité plus connus ?


Sa profondeur d’analyse est inégalée : chaque participant  obtient un profil établi à partir de plus de 80 traits comportementaux !


Dans le contexte qui nous intéresse, il peut ensuite comparer ses résultats à ce qui est statistiquement associé au succès chez différents types d’entrepreneurs : les créateurs, les repreneurs, les indépendants ou freelances,... Cela permet de voir où son profil correspond à ces caractéristiques, mais aussi où il s’en éloigne. Et surtout de comprendre pourquoi.


Si mon profil s’éloigne du profil observé chez les entrepreneurs, dois-je en conclure que je ne réussirai pas ?


Rien n’est rédhibitoire, fort heureusement. Mais cela signifie que vous allez devoir déployer davantage d’efforts, parce que vous évoluerez sur un terrain qui n’est pas votre terrain naturel. Le test permet justement de diagnostiquer cela : non pas ce que vous faites bien ou mal, mais ce que vous préférez naturellement faire et la manière dont vous avez tendance à fonctionner.
Au final c’est à chacun de prendre sa décision, en connaissant ses vents porteurs… et ses vents de face.


Comment les participants sont-ils accompagnés dans la lecture de leurs résultats ?


Avant même de découvrir leur score, les participants auront travaillé sur les traits comportementaux les plus importants dans l’entrepreneuriat, avec des explications et des exemples concrets. Cela leur permet ensuite d’interpréter leurs propres résultats dans le contexte de leur projet personnel.

Dans sa version complète, ce test se passe par l’intermédiaire de praticiens certifiés comme Bruno Lubeigt, qui est l’un des seuls à le proposer en France. Il est notamment utilisé dans des contextes professionnels à forts enjeux : pour le recrutement de cadres dirigeants de très haut niveau, pour accompagner des décisions de promotion au sein de comités de direction ou encore dans des opérations de fusion-acquisition.

Dans le cadre de ce programme, nous l’utilisons de façon innovante, avec une finalité très précise en rapport avec la décision d’entreprendre.


En conclusion, qu’avez-vous envie de dire aux futurs participants à ce programme ?


Vous vous apprêtez à prendre une des décisions les plus importantes de votre vie, à la fois d’un point de vue professionnel et personnel. L’entrepreneuriat est une aventure extraordinaire, mais aussi un parcours semé d’embuches et d’incertitude.
Avant de vous lancer, il est particulièrement judicieux de prendre du recul pour mieux vous connaître et confronter votre idée de l’entrepreneuriat avec sa réalité quotidienne.

Jean-Luc Ayme et Bruno Lubeigt se sont connus sur les bancs de l’ESSEC, puis ont démarré leur carrière dans la même entreprise (Procter & Gamble).


Après des carrières très réussies de dirigeants à l’international, tous deux ont fait le choix de devenir entrepreneurs.
Jean-Luc a repris une ETI familiale qu’il a développée pendant 15 ans avant de la céder à un groupe japonais. Aujourd’hui il accompagne des dirigeants dans le domaine de la stratégie, des fusions-acquisitions et de l’entrepreneuriat.
Bruno a occupé des postes à très hautes responsabilités au sein de groupes qui sont leaders mondiaux dans leur secteur, puis fait le choix de devenir indépendant et intervient en coaching pour des cadres dirigeants. Il a récemment émigré au Canada et revient en France spécialement pour ce programme.

 

Dans le prolongement de cet échange avec Jean-Luc Ayme, le programme « Décider d’entreprendre » aide les cadres expérimentés à évaluer leur projet et à choisir leur voie entrepreneuriale.
En cinq jours, ils explorent les différences entre manager et entrepreneur, leurs motivations et leurs aptitudes, notamment grâce au diagnostic SuccessFinder®.
Le parcours aborde aussi les enjeux financiers, juridiques et patrimoniaux du changement de statut.
À partir de projets concrets, les participants structurent leur réflexion, identifient les étapes clés à aborder avant de se lancer.
Ils formalisent enfin une décision argumentée et un plan d’action, avec un retour prévu un mois après la formation.

Découvrez le programme court "Décider d'entreprendre"

 

En savoir plus sur le programme

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