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[POSITION PAPER] : ANALYSE CRITIQUE DES CHOIX DE L'EIOPA POUR LA CALIBRATION SOLVABILITE 2

Dans un position paper intitulé "Modélisation des VaRs et corrélations entre immobilier et actifs financiers en situation de crise : une réévaluation de Solvabilité 2", les pôles de recherche en…

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13 déc 2017
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Dans un position paper intitulé "Modélisation des VaRs et corrélations entre immobilier et actifs financiers en situation de crise : une réévaluation de Solvabilité 2", les pôles de recherche en Economie et Analyse Financière et Comptabilité de l’EDHEC Business School, procédent à une analyse critique des choix faits par l’EIOPA ( Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles) pour la calibration du risque immobilier dans Solvabilité 2.

En effet, la méthodologie retenue ainsi que les choix de données peuvent conduire à des biais significatifs. Dans cette étude, conduite en partenariat avec le Ministère du Logement et de l’Habitat DurablePhilippe FoulquierTristan-Pierre Maury et Liliana Arias, professeurs chercheurs, auteurs de l'étude, proposent un nouveau cadre d’analyse (un modèle multivarié à changement de régime) et recourent à de nouvelles sources de données (les indices résidentiels par pays de la BRI). Ils montrent que la taille des chocs immobiliers (la VaR) aussi bien que les corrélations entre rendements immobiliers et rendements financiers ont été considérablement surestimés par le régulateur. Selon le pays considéré, la VaR varie entre 5% (pour l’Allemagne) et 15% (pour l’Espagne), loin des 25% retenus par l’EIOPA. Les corrélations entre rendements immobiliers et rendements financiers sont toutes proches de zéro, alors que le régulateur a retenu 75% pour la corrélation immobilier/actions et 50% pour la corrélation immobilier/taux d’intérêt ou spread.

En conséquence, le SCR marché requis par le régulateur est nettement surestimé. En effet, dans une précédente étude, les chercheurs avaient simulé différents scenarii sur la valorisation totale du portefeuille d’un assureur en faisant varier l’ampleur du choc immobilier et les coefficients de corrélation immobilier/actifs financiers sur la base de nos estimations. Il était montré que certains scenarii, crédibles selon leurs propres estimations, aboutissent à une baisse du SCR marché de l’ordre de 10% en comparaison du scenario EIOPA. La présente étude, basée sur une méthode statistique plus robuste et utilisant des données européennes beaucoup plus larges, renforce ces résultats. La calibration du risque immobilier dans Solvabilité 2 constitue donc un frein significatif au retour des assureurs vers les marchés immobiliers, et notamment vers le marché du logement.

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