{EDHEC EXPERIENCE} Student Consulting for Development : une césure en quête de sens

Au moment où la plupart des étudiants en troisième année se préparent pour leur second stage de césure, certains d’entre eux profitent de cette année qui leur est offerte pour construire un projet professionnel et humain, et utiliser leurs compétences au profit de causes qui leur tiennent à cœur.

Publié le 23 novembre 2018.


C’est, depuis 2001, le défi de Student Consulting for Development. Chaque année, une équipe formée de quatre à cinq étudiants construit entièrement un projet de solidarité internationale et de sensibilisation à l'Économie Sociale et Solidaire à travers différents thèmes : microcrédit, entrepreneuriat social, développement durable écotourisme, commerce équitable...

A trois mois de leur départ, la nouvelle équipe SCD a rencontré les anciennes générations de cette association afin d’en découvrir plus sur leurs différents projets depuis maintenant dix-huit ans. Voici les récits croisés de Benjamine, actuellement gérante d’un fonds d’investissement spécialisé dans l’économie sociale et solidaire et Nicolas, étudiant en Master 2. Ils ont respectivement vécu l’aventure SCD en 2007 et 2018.

 

Pouvez-vous nous présenter votre projet et expliciter ce qui a guidé vos choix de mission ?

Benjamine - En 2006 alors que nous étions en deuxième année, nous avons construit notre parcours sur le thème de l’« économie solidaire », c’est-à-dire une façon d’envisager l’économie comme un moyen d’atteindre une finalité sociale ou environnementale, par un modèle économique autosuffisant, pérenne. 

Nous voulions prendre de la distance avec les ONG qui fonctionnent sur un modèle uniquement de subventions. - Benjamine

Nous avons ensuite sollicité différentes structures, associations et entreprises. Grâce à leur soutien et leur expertise, au sein de ce qu’on appelle l’économie sociale, nous avons réalisé des missions dans les domaines du commerce équitable (Plateforme Française du Commerce Equitable), de la microfinance (Inter Aide, Planet Finance, Elevages Sans Frontières) et du tourisme solidaire (Tourisme et Développement Solidaire, Touscan). L’une de nos missions a été un peu différente : nous avons travaillé pour le GERES sur le changement climatique.

Au total, nous avons réalisé une dizaine de missions en 9 mois à travers l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine.

Nicolas - Mon désir de prendre part à l’expérience SCD est né d’une envie de construire un CV différent et original mêlée à la certitude que nous devons orienter notre développement vers une économie plus durable. Après avoir constitué une équipe de cinq membres, nous avons choisi de nous rendre en Amérique Latine. Ce continent était intéressant pour nous car c’est une région en développement avec un grand retard en terme de développement durable. Le choix de la structure, un cabinet de conseil, a été motivé par l’envie de travailler sur plusieurs projets tout au long du stage pour approcher le plus grand nombre d’aspects possibles de la RSE.

Quel impact social/environnemental pensez-vous avoir eu ?

Nicolas - Nous avons aidé La Ciudad Posible à développer des projets très variés qui ont permis d’introduire des enjeux du développement durable en Argentine, pays qui en est encore à ses balbutiements (de l’agroécologie au recyclage, en passant par l’énergie solaire, le bioplastique ou encore l’écotourisme).

Benjamine - Les ONG ont généralement une multitude d’idées sous le coude, sans avoir forcément les équipes ou l’argent nécessaires. 

Nous sommes donc allés voir ces structures en disant : nous serons dans votre pays pendant 3 à 6 semaines : comment peut-on vous aider ? - Benjamine

Nous ne demandions pas grand-chose : trois matelas dans un appartement et, si possible, un repas à midi. Aucune rémunération ; pas même de participation aux billets d’avion. Cela a permis à certains de nos partenaires de lancer des projets qu’ils voulaient mettre en place depuis longtemps. Par exemple au Maroc, l’ONG avec laquelle nous avons travaillé voulait lancer un programme d’accompagnement des coopératives féminines d’huile d’argan sur la région d’Essaouira. Pour démarrer elle avait besoin d‘y voir plus clair mais n’avait pas d’équipe sur place. Durant une semaine, à trois, nous avons fait un travail de repérage minutieux, qui nous a permis d’identifier les structures et de découvrir que certaines étaient en fait de « fausses » coopératives. A l’issue de notre mission, l’ONG a pu choisir les coopératives avec lesquelles elle allait travailler et lancer son programme.

Quel a été selon vous le défi le plus important auquel vous avez été confrontés ?

Benjamine - Avant le voyage, le plus gros défi a été de trouver les financements en même temps que les missions - l’un étant en fait la conséquence de l’autre - en espérant que cela fonctionne. C’était beaucoup de stress, à une époque où nos camarades de promo étaient tous en stage et où il nous aurait été difficile de faire machine arrière. 

Nicolas - La structure de cette petite entreprise de conseil ainsi que la crise économique montante en Argentine pendant ce stage ont rendu parfois difficile la concrétisation des projets menés. C’est aussi un des défis auxquels nous voulions nous confronter : quitter notre zone de confort et notamment découvrir le fonctionnement d’organismes dans des contextes politiques différents.

Quel est votre meilleur souvenir ?

Benjamine - Mon tour du monde a en fait été une succession de meilleurs souvenirs.

Je peux vous parler des familles berbères qu’on a rencontrées dans l’Atlas, des équipes locales au Burkina qui nous ont fait découvrir des métiers qui n’existent plus en France depuis des décennies, des habitants des bidonvilles en Inde à qui nous présentions le microcrédit, des semaines de travail de 70h au Cambodge, et des familles au Nicaragua qui se pliaient en quatre pour pouvoir accueillir des touristes pour espérer un complément de revenus.

Bien sûr les paysages sont magnifiques, mais nos meilleurs souvenirs sont essentiellement liés à nos rencontres ; 2007 a été la plus belle année de ma vie.

En quoi l’EDHEC vous a permis de mener à bien ce projet ?

Benjamine – L’EDHEC a tout d'abord validé cette expérience comme un stage. Pour nous, c’était une vraie reconnaissance de notre travail, et nous les remercions aujourd'hui encore pour cela. Ensuite, ce que l’école nous a donné, c’est la qualité de l’enseignement qui transparaît par la « marque » EDHEC : il est beaucoup plus facile d’obtenir une mission dans une association quand vous dites que vous êtes étudiant dans cette école. J’ajouterai finalement que, même si ça paraît moins important aujourd’hui, pour nous à l’époque c’était énorme : l’EDHEC nous a prêté tout le matériel vidéo pour filmer nos missions et pouvoir réaliser un film « témoignage » à notre retour.

Nicolas – Je dirais que la principale aide de l'EDHEC a été la validation de notre expérience comme stage de césure, ce qui nous a permis d'associer une expérience professionnelle "classique" en première partie avec un projet plus personnel car pensé, financé et réalisé entièrement par notre équipe.

Un conseil aux EDHECs en recherche de césure/en quête de sens ?

Le respect de l'environnement n'est pas qu'une question d'ONG, de dons, d'utopie. - Nicolas

Nicolas - Il passe tout d’abord par une consommation responsable, mais aussi par des entreprises innovantes… et les futurs étudiants de l’EDHEC qui y travailleront bientôt ! Les structures de l’ESS ne sont pas de pures organisations philanthropes : la vente en vrac, les produits non-jetables, le bio et le leasing (pour ne citer que ces exemples…) sont des solutions radicales, efficaces et à notre portée.Nicolas - Le respect de l'environnement n'est pas qu'une question d'ONG, de dons, d'utopie. Il passe tout d’abord par une consommation responsable, mais aussi par des entreprises innovantes… et les futurs étudiants de l’EDHEC qui y travailleront bientôt ! Les structures de l’ESS ne sont pas de pures organisations philanthropes : la vente en vrac, les produits non-jetables, le bio et le leasing (pour ne citer que ces exemples…) sont des solutions radicales, efficaces et à notre portée.

Benjamine : Attention aux premiers postes qu’on fait par défaut, car vos premières années d’expérience peuvent vous enfermer rapidement dans une filière ou un métier. La vie est trop courte pour remettre à plus tard un projet, un métier ou un secteur d’activité qui vous tient vraiment à cœur. Pour préciser votre projet et vos envies, rencontrez du monde : posez vos questions à des gens qui font un métier qui vous attire. Demandez-leur les inconvénients et voyez si ça vous paraît surmontable. 

Mais ne vous laissez pas piéger par un emploi "honnête" si vous rêvez d’autre chose. - Benjamine

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