De l'immobilier au marketing industriel et business development : comment cette diplômée du Global MBA a construit sa carrière en Europe
Ingénieure en génie civil, Julissa Gomez a quitté l'Amérique latine pour rejoindre le Global MBA de l’EDHEC avec une première expérience dans le développement immobilier et un intérêt marqué pour le développement durable. Grâce à la dimension internationale du programme, aux rencontres avec les entreprises, à l’accompagnement professionnel et aux initiatives dédiées au développement durable, elle a intégré ArcelorMittal. Son parcours illustre la manière dont les entreprises européennes peuvent valoriser les compétences et l’expérience de talents internationaux, lorsque celles-ci répondent à leurs enjeux stratégiques et opérationnels.
La transition de Julissa Gomez, diplômée du Global MBA de l’EDHEC, du développement immobilier en Amérique latine vers le marketing industriel et le développement commercial en Europe, n’a pas commencé par la découverte d’une offre d’emploi idéale.
Elle est née d’une ambition de longue date : étudier à l’étranger, travailler à l’international et évoluer dans des environnements où la diversité des perspectives lui permettrait d’enrichir sa propre vision.
"Depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours voulu vivre une expérience plus internationale", confie-t-elle. "Je suis convaincue que chaque pays et chaque culture ont quelque chose à nous apprendre."
Une conviction qui l’a conduite à rejoindre le Global MBA de l'EDHEC à Nice. Le programme lui a permis de donner une dimension concrète à son ambition : dix mois de formation à temps plein associant fondamentaux stratégiques, développement du leadership, enseignements sur le développement durable, rencontres avec les entreprises et accompagnement professionnel, au sein d’une promotion internationale. Pour Julissa, cette combinaison était essentielle. Franchir une nouvelle étape dans sa carrière nécessitait bien plus qu’un CV convaincant. Il lui fallait acquérir une meilleure connaissance du marché européen, gagner en confiance, multiplier les échanges avec les recruteurs et apprendre à valoriser son expérience au regard des besoins des entreprises européennes.
Avant son MBA, elle avait construit sa carrière dans le génie civil et le développement immobilier, en pilotant des projets pour des clients de différents pays d’Amérique latine. Son travail mobilisait déjà des compétences techniques, une vision à long terme et une capacité à coordonner de multiples parties prenantes. Il exigeait également une compréhension approfondie de l’impact des projets sur leur environnement.
"Je travaillais dans la gestion de projets de développement immobilier", explique-t-elle. "Cela implique beaucoup de stratégie, une bonne compréhension du contexte, des besoins et des attentes, ainsi que de l’impact qu’un projet peut avoir sur son environnement. Je me suis donc dit qu’un MBA serait une suite logique à mon expérience."
Sa persévérance et son esprit d’initiative ont joué un rôle déterminant dans son parcours jusqu’à ArcelorMittal, l’un des leaders mondiaux de la sidérurgie. Le Global MBA a également contribué à cette réussite en lui offrant de nombreuses opportunités : un voyage d’études qui lui a permis de découvrir l’entreprise, un événement sur l’adaptation au changement climatique qui a favorisé de nouveaux échanges, des enseignements sur le développement durable qui ont renforcé la pertinence de sa candidature et un accompagnement professionnel qui l’a aidée à développer son réseau.
Du développement immobilier au développement commercial : une nouvelle orientation grâce au Global MBA
À première vue, le parcours de Julissa pourrait sembler atypique. Après une carrière dans le génie civil et l’immobilier en Amérique latine, elle s’est orientée vers le développement commercial dans l’industrie européenne, en débutant par un stage consacré à l’analyse coûts-bénéfices de projets d’adaptation au changement climatique.
Mais Julissa voit les choses autrement.
“Je ne parlerais pas de reconversion, mais plutôt de réorientation.”
Son intérêt pour le développement durable était déjà très présent avant son MBA. Pendant ses études d’ingénieure, elle s'était particulièrement intéressée aux infrastructures énergétiques et leur rôle dans le développement économique, social et environnemental.
"J’ai toujours été intéressée par le développement durable et par la réalisation de projets ayant un impact positif sur leur environnement", explique-t-elle. "C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles je me suis orientée vers des études d’ingénieur."
Elle se souvient notamment des visites d’installations hydroélectriques, géothermiques et éoliennes organisées pendant ses études, qui l’avaient impressionnée par leur ampleur et leur finalité. Ces expériences l’ont marquée, même lorsque sa carrière s’est ensuite orientée vers l’immobilier.
Son arrivée en Europe a donné un nouvel élan à cet intérêt. Originaire d’un pays où une grande partie de l’électricité est déjà produite à partir de sources renouvelables, Julissa a découvert en Europe un contexte différent, offrant de nouvelles opportunités : des industries confrontées aux enjeux de la transition énergétique, des entreprises engagées dans l’adaptation au changement climatique et des employeurs à la recherche de profils capables d’associer expertise technique et vision stratégique.
"En arrivant ici, j’ai réalisé qu’il existait encore des contextes où beaucoup de choses restaient à accomplir, mais où il y avait aussi une réelle volonté d’agir", explique-t-elle. "Cela a renouvelé mon intérêt pour ces sujets."
Le Global MBA de l'EDHEC lui a permis d’explorer cet intérêt sous un angle plus stratégique et entrepreneurial. Le développement durable occupe une place importante dans le programme, à travers des enseignements dédiés aux enjeux des entreprises, des voyages d’études internationaux, le Sustainable Impact Challenge et des opportunités de mettre en pratique les acquis du MBA sur des problématiques concrètes. Dans le cas de Julissa, ces expériences lui ont permis de faire le lien entre sa formation d’ingénieure, les enjeux de durabilité et d’adaptation dans l’industrie, puis est arrivée une opportunité professionnelle chez ArcelorMittal.
Comment les visites d’entreprises organisées par l’EDHEC lui ont ouvert les portes d’ArcelorMittal
Le premier moment décisif s’est produit lors d’un voyage d’études organisé par l’EDHEC au Luxembourg.
Les company treks font partie intégrante du Global MBA et permettent aux participants de découvrir des entreprises, des secteurs d’activité et des pôles économiques majeurs. Pour Julissa, la visite d’ArcelorMittal était la principale motivation de sa participation à ce voyage.
"ArcelorMittal a été la première entreprise que nous avons visitée, et c’était la raison pour laquelle j’avais choisi de participer à ce voyage", se souvient-elle.
À l’issue de la visite, elle a rencontré, autour d’un café de networking, celle qui allait devenir plus tard sa responsable. Cet échange aurait pu rester une simple rencontre professionnelle sans débouché concret. Mais Julissa a décidé de saisir cette occasion.
"Je l’ai contactée sur LinkedIn pour lui poser quelques questions," raconte-t-elle.
Cette prise de contact a fait toute la différence. Grâce à cette rencontre organisée dans le cadre du Global MBA, Julissa a su nouer une relation professionnelle en prenant l’initiative de poursuivre les échanges.
Cette démarche s’inscrivait également dans une évolution personnelle plus large car avant son MBA, le networking était loin d’être naturel pour elle.
"Le networking était quelque chose que je ne faisais jamais auparavant. Je n’aimais pas du tout ça, et aujourd’hui, cela fait partie de mon travail."
Le Global MBA ui a offert de nombreuses occasions de développer cette compétence : visites d’entreprises, ateliers de développement professionnel, événements, échanges avec les autres participants et rencontres avec les employeurs. Progressivement, le networking est devenu pour elle moins une question de confiance en soi qu’une capacité à écouter attentivement, à poser les bonnes questions et à comprendre comment son parcours pouvait apporter de la valeur à une organisation.
Des enseignements ESG pour faire le lien entre le MBA et l’industrie
Le deuxième moment décisif s’est déroulé sur le campus de l'EDHEC à Nice.
Julissa avait décidé d’assister à un événement consacré à l’adaptation au changement climatique, coorganisé par l’EDHEC et la Banque européenne d’investissement, car le sujet l’intéressait. Au cours de l’événement, elle a réalisé que la personne rencontrée chez ArcelorMittal lors du voyage au Luxembourg était également présente.
"J’ai vu qu’un événement sur l’adaptation au changement climatique était organisé conjointement par l’EDHEC et la Banque européenne d’investissement sur le campus de Nice, et j’ai décidé d’y assister", raconte-t-elle. "C’était un événement très intéressant et, à un moment donné, je me suis rendu compte qu’elle était là."
Cette fois, leur conversation a pu aller plus loin. Elles ont échangé sur les sujets abordés pendant l’événement, sur l’importance de l’adaptation au changement climatique pour ArcelorMittal et ses clients, ainsi que sur la place croissante des enjeux de développement durable dans l’industrie.
Julissa avait déjà postulé directement chez ArcelorMittal, sans succès. Le process classique de recrutement ne lui avait pas ouvert de porte. Le programme MBA lui offrait une autre possibilité : un contexte professionnel pertinent, un premier contact établi lors d’une visite d’entreprise et suffisamment de connaissances pour proposer une contribution concrète.
"Je l’ai recontactée et nous avons échangé sur l’événement et sur son intérêt pour ArcelorMittal", explique-t-elle. "Je lui ai alors demandé s’il serait possible d’effectuer un stage dans l’entreprise."
Son interlocutrice l’a invitée à proposer un sujet. Julissa a alors élaboré une proposition en lien avec l’événement sur l’adaptation au changement climatique, cohérente avec les enseignements de son MBA et répondant aux priorités d’ArcelorMittal.
"J’ai proposé un sujet en rapport avec l’événement, car je savais qu’il était pertinent pour l’entreprise et qu’il correspondait également à mon parcours MBA," précise-t-elle.
Sa proposition a été acceptée, et ce stage a été sa porte d’entrée chez ArcelorMittal, avant de déboucher sur un poste à temps plein.
Cet enchaînement illustre bien la complémentarité dans le parcours de Julissa. Le Global MBA a créé un environnement favorable : accès à ArcelorMittal, événements consacrés au développement durable, rencontres avec les entreprises, accompagnement professionnel et enseignements permettant de relier expertise technique et enjeux stratégiques. Et Julissa a su saisir ces opportunités et les transformer en résultats concrets.
Trouver un emploi en Europe quand on est diplômée d'un MBA et originaire d’un pays hors de l’Union européenne
Pour de nombreux professionnels originaires de pays hors de l’Union européenne, trouver un emploi en Europe peut représenter un véritable défi. Une expérience professionnelle acquise dans une autre région du monde peut être très riche, sans que les recruteurs en perçoivent immédiatement toute la valeur. Les employeurs doivent également avoir de bonnes raisons de prendre en charge les démarches et les contraintes pratiques que peut impliquer un recrutement international.
Julissa ne minimise pas cette difficulté.
"C’est vraiment difficile. Il faut faire preuve de créativité."
Son expérience chez ArcelorMittal montre néanmoins qu'une telle transition est possible. Une entreprise européenne peut choisir de recruter un profil non européen dès lors qu’elle perçoit clairement la valeur de son expérience, sa pertinence et sa capacité à répondre à un besoin professionnel précis.
Julissa ne s’est pas simplement présentée comme une candidate internationale à la recherche d’une première opportunité en Europe.
Elle a su établir des liens entre plusieurs dimensions de son parcours : sa formation en génie civil, son expérience en gestion de projets immobiliers, son intérêt pour le développement durable, les compétences acquises pendant son MBA et les besoins d’ArcelorMittal en matière d’adaptation au changement climatique.
Cette approche a permis à l’entreprise de mieux comprendre son profil et d’évaluer concrètement ce qu’elle pouvait apporter.
"J’ai finalement créé ma propre opportunité de stage et j’ai eu la chance que ma proposition soit acceptée", raconte-t-elle. "C’est ce qui m’a permis d’intégrer l’entreprise."
Une fois en poste, elle a pu démontrer ses compétences par son travail.
Le stage a joué un rôle déterminant, car il a permis aux deux parties de collaborer sur un projet réel, plutôt que de se limiter à évaluer une éventuelle adéquation à partir d’un CV..
C’est là que réside l’un des principaux enseignements de son parcours.
L’exemple d’ArcelorMittal montre qu’une entreprise européenne peut recruter un professionnel issu d’un pays hors de l’Union européenne lorsqu’elle identifie clairement la valeur, la pertinence et l’expérience qu’il peut lui apporter.
Le MBA a aidé Julissa à rendre cette valeur visible.
Un accompagnement carrière adapté aux réalités du marché de l’emploi européen
Les conseils de Julissa aux futurs candidats sont d’autant plus précieux qu’ils restent réalistes. Elle ne prétend pas qu’un MBA rend automatiquement la recherche d’emploi à l’international plus facile. Elle sait que ce processus peut être long, inégal et parfois décourageant.
"Soyez créatifs et patients, proposez des idées et développez votre réseau", conseille-t-elle.
Elle reconnaît également que les stratégies de recherche d’emploi peuvent varier d’une personne à l’autre. Certains candidats décrochent un poste en répondant directement à des offres. D’autres doivent créer leurs propres opportunités grâce à des rencontres, des recommandations, des projets ou des stages. Pour les candidats venant de pays hors de l’Union européenne, cette distinction est particulièrement importante.
Les candidatures classiques peuvent fonctionner, mais elles placent souvent les profils internationaux dans des processus de recrutement qui ne permettent pas toujours d’apprécier pleinement leurs compétences.
La créativité devient alors un autre moyen de démontrer sa valeur.
“Parfois, il faut accepter d’essuyer mille refus avant de décrocher une opportunité.”
Cette phrase ne cherche pas à embellir la réalité, et c’est précisément ce qui lui donne toute sa force.
Le Global MBA de l'EDHEC a accompagné Julissa avec un dispositif de développement professionnel fondé sur la préparation, le positionnement et la mise en pratique. Le parcours Lead360, e coaching de carrière, les rencontres avec les entreprises et les échanges avec les autres participants lui ont permis d’acquérir des réflexes qu’elle a ensuite directement mobilisés dans sa recherche d’emploi.
Le programme n’a pas supprimé les obstacles liés à son entrée sur le marché du travail européen. Il l’a aidée à adopter une approche plus stratégique pour les surmonter.
Développer son réseau grâce à une cohorte internationale
La promotion du Global MBA a également joué un rôle important dans le développement personnel et professionnel de Julissa. Collaborer avec des participants issus de secteurs, de cultures et de parcours professionnels différents lui a permis d’élargir sa vision du leadership et du travail en équipe.
"J’ai eu des camarades de promotion formidables, qui m’ont montré différentes façons d’être un leader et de faire avancer les choses," explique-t-elle.
Certaines expériences ont été plus challengeantes, mais très formatrices.
“J’ai également rencontré des personnes avec lesquelles les relations étaient plus compliquées, mais qui m’ont poussée à travailler sur moi-même, à faire preuve de davantage de patience et à accepter certaines limites.”
Une promotion du MBA peut être à la fois un réseau, un miroir et, certains jours, une véritable mise à l’épreuve, même lorsque tout est parfaitement organisé.
Julissa semble avoir su tirer des enseignements de chacune de ces dimensions.
Elle retient également une leçon transmise par l’un de ses professeurs : ne jamais faire de suppositions. Pour une professionnelle qui construit sa carrière au-delà des frontières, des secteurs et des cultures, ce conseil s’est révélé particulièrement utile. Les idées préconçues peuvent limiter les perspectives de recherche d’emploi, appauvrir les échanges ou empêcher de percevoir la valeur d’une rencontre inattendue.
Son expérience lui a appris à être attentive aux autres.
"Je pense qu’il est important, lorsque l’on rencontre quelqu’un, de s’intéresser à son expérience, à son parcours et à ses ambitions", explique-t-elle. "On ne sait jamais quand une rencontre peut se révéler déterminante pour une opportunité future"
Dans son cas, cette réflexion a pris tout son sens.
La personne rencontrée lors d’un voyage d’études organisé par l’EDHEC était de nouveau présente à un événement consacré au climat.
Cette deuxième conversation a débouché sur une proposition de stage.
Et ce stage s’est transformé en emploi à temps plein.
Carrière post-MBA : quand l’expérience, le timing et la valeur ajoutée font la différence.
Le parcours de Julissa Gomez est un message concret aux futurs candidats au Global MBA, en particulier à ceux qui viennent de pays hors de l’Union européenne.
Une expérience acquise à l’international peut représenter un véritable atout pour un employeur européen, à condition de savoir démontrer en quoi elle répond aux besoins de l’entreprise. Un parcours international prend toute sa valeur lorsqu’il est mis en relation avec des enjeux professionnels concrets. De même, une expertise technique peut ouvrir de nouvelles perspectives lorsqu’elle s’accompagne d’une vision stratégique, d’une capacité à développer des relations professionnelles et d'une aptitude à proposer des solutions.
Pour Julissa Gomez, l’EDHEC a offert l’environnement dans lequel tous ces éléments ont pu converger. Le Global MBA lui a permis d’entrer en contact avec ArcelorMittal, de participer à des échanges sur le développement durable directement liés aux enjeux industriels, de renforcer ses compétences en networking et de mieux positionner son expérience sur le marché européen.
C’est son esprit d’initiative qui a permis de tirer pleinement parti de cet environnement.
"Je dirais que le MBA m’a fait prendre conscience de la valeur des relations humaines", explique-t-elle. "Échanger avec des personnes lors d’événements, par exemple, peut ouvrir bien plus de portes qu’on ne l’imagine."
Sa transition de l’immobilier vers le marketing industriel et le développement commercial illustre ainsi la rencontre entre les opportunités offertes par le programme, sa persévérance et sa capacité à agir au bon moment.
Comme elle le résume elle-même : "On ne sait jamais quand une rencontre peut se révéler déterminante pour une opportunité future."
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