Redéfinition du rôle de l’enseignant, égalité des chances et transition digitale : les trois défis à venir pour l’enseignement supérieur

Une enquête réalisée par l’EDHEC Business School – OpinionWay en partenariat avec l’Institut Montaigne

Publié le 06 juillet 2020.


A l’heure où la crise covid-19 bouleverse les certitudes, l’enquête « les nouvelles frontières de l’enseignement supérieur » vise à saisir l’opinion de cinq pays phares en matière d’enseignement supérieur – France, Royaume-Uni, Etats-Unis, Inde et Afrique du Sud –, à comparer leur vision et leur perception des défis que les systèmes éducatifs devront relever pour les générations futures.

Se réinventer : un impératif pour l’enseignement supérieur

Tandis que la pandémie covid-19 a conduit les écoles et les universités à réaliser des efforts d’adaptation sans précédent, l’enseignement supérieur est plus que jamais confronté à l’obligation de se réinventer. Plébiscitée par 80% des Français, cette évolution concerne tant les formats et les supports d’apprentissage que le rôle de l’enseignant.

 Cette enquête met en lumière l’ampleur des défis auxquels nos sociétés sont aujourd’hui confrontées. Face aux crises qui nous ébranlent, l’enseignement supérieur doit jouer un rôle moteur et préparer les jeunes générations à construire un monde durable. Qu’il s’agisse d’égalité des chances, d’accélération digitale ou encore de transition écologique, les enjeux sont mondiaux et résonnent avec les analyses qui nous ont conduit à élaborer notre plan stratégique « Impact Future Generations » 

souligne Emmanuel Métais, Directeur général de l’EDHEC Business School

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Le digital, fer de lance de la transformation

Le digital est perçu comme un moteur de la transformation de l’enseignement supérieur. L’adoption des nouvelles technologies est considérée comme bénéfique par 87% des Français qui estiment, par ailleurs, que leur système éducatif s’est déjà engagé dans la transformation digitale (81%), un résultat supérieur au Royaume-Uni, aux Etats-Unis (respectivement 64%) et à l’Inde (49%).

Le contexte actuel, qui accélère le recours au digital, donne l’impulsion à de nouvelles formes d’apprentissage. 86% des Français estiment qu’il va accentuer l’essor du travail collaboratif et 80% le perçoivent comme un levier de motivation puissant. 

La crise sanitaire a renforcé cette adhésion. L’enseignement à distance, pendant la période de confinement, a été vécu comme une expérience positive par 67% des Français et des Britanniques interrogés, et par 87% des Indiens. Près de la moitié des Français (45%) jugent qu’un apprentissage mixte, combinant présentiel et online, est le modèle qu’il faudra privilégier demain.

L’enseignant, figure prépondérante de la transmission du savoir

Plus de deux Français sur trois imaginent une transmission de la connaissance différente à l’avenir, laissant davantage de place aux objets connectés ou à l’Intelligence Artificielle (70%).

Loin de faire disparaître les professeurs, les nouvelles technologies joueront un rôle complémentaire. Pour les Français, elles permettront avant tout d’aider les enseignants au quotidien en les déchargeant des tâches routinières (67%) ou en leur octroyant du temps pour personnaliser leur enseignement et mieux connaître les élèves (73%).

Néanmoins, ces derniers restent profondément attachés au rôle de l’enseignant comme vecteur de savoir et de connaissances (56%) tout en intégrant la nécessaire mutation de leur mission.

La capacité d’adaptation, l’esprit d’ouverture, le sens de l’analyse et de l’organisation figurent parmi les soft skills à développer en priorité pour près de la moitié des Français interrogés. Face à ces évolutions, le professeur doit relever le défi d’enseigner de nouvelles compétences : méthodes pour s’informer via les nouvelles technologies, développement de la motivation et savoirs comportementaux font désormais partie de la palette des enseignements attendus par un grand nombre de Français interrogés. 

Insertion professionnelle et égalité des chances : des enjeux sociaux majeurs

Parmi les grands défis qui se posent à l’enseignement supérieur français, l’insertion professionnelle apparaît comme une question cruciale. Seuls 41% des Français interrogés estiment notre système éducatif apte à préparer suffisamment les jeunes au monde du travail (contre 75% au Royaume-Uni, 72% aux Etats-Unis et 81% en Inde).

Un courant optimiste se dégage néanmoins autour de deux axes forts. En premier lieu, le développement de l’esprit d’entreprise est perçu comme un facteur d’employabilité par 85% des Français interrogés tandis que 90% d’entre eux sont favorables à la promotion des compétences entrepreneuriales dans les méthodes d’enseignement via la mise en place d’actions de sensibilisation variées – concours de création d’entreprise, rencontres avec des entrepreneurs, témoignages-.

En second lieu, les nouvelles technologies sont considérées comme une voie d’accès vers la vie active : 80% d’entre eux estiment qu’elles permettront aux jeunes générations de mieux se préparer au monde professionnel. 

Si l’égalité des chances est une priorité pour 9 Français interrogés sur 10, les efforts doivent, en premier lieu, se concentrer sur l’accessibilité géographique des établissements d’enseignement supérieur (58%) et pour 51% d’entre eux sur les conditions de vie étudiante – logement, nourriture, transport -.

Plus largement, les Français souhaitent que leur système éducatif sensibilise davantage aux enjeux sociétaux, et plus particulièrement à la question des inégalités sociales (51%), de l’environnement (42%) et du respect de l’égalité hommes / femmes (40%). La crise sanitaire a fait émerger un intérêt pour les disciplines liées à la santé, premier type d’enseignement cité par tous les pays (entre 61% et 77%, 67% en France) ainsi que pour l’économie sociale et solidaire (entre 48% et 62%, 50% en France).

L’internationalisation de l’enseignement supérieur à l’épreuve du covid-19

Avant la crise sanitaire, l’offre d’échanges internationaux s’avérait être le point fort du système hexagonal, 73% estimant que l’enseignement supérieur français favorise l’ouverture internationale des jeunes, notamment via les échanges qu’il propose et l’accueil des étudiants étrangers.

La possibilité de s’expatrier pendant les études s’avère être une expérience très attendue par les étudiants : pour 85% des Français interrogés, effectuer une partie au moins de ses études à l’étranger est un atout pour les jeunes générations, et ce encore plus que dans les autres pays sondés (61% au Royaume-Uni et 58% aux Etats-Unis et en Inde).

Si la pandémie covid-19 constitue, pour la majorité des pays sondés, une menace sur la mobilité étudiante, la France fait figure d’exception. Les Français interrogés s’avèrent en effet partagés sur l’évolution des échanges internationaux : si 52% estiment que la pandémie aura pour conséquence de limiter leurs déplacements dans les années à venir, 47% n’entrevoient aucune répercussion de la crise sur ces flux.

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