Selon des recherches, certaines "mauvaises habitudes" professionnelles seraient, en fait, vraiment positives
Au travail, dans notre quotidien, les "mauvaises habitudes" semblent se multiplier. Pourtant, il est difficile de les (faire) changer, non ? Rassurez-vous, de nouvelles recherches soulignent que certaines habitudes pourraient finalement être vraiment positives pour vous et vos collègues...
Micro-management, réunions à répétitions, surcharge cognitive, temps de pause rognés voire ignorés… et si ces « mauvaises habitudes » se révélaient au contraire bénéfiques ? Des chercheurs se sont enfin penchés sur la question (1).
En effet, on ne compte plus les articles et reportages qui nous exhortent à changer ces habitudes. Les objectifs associés sont souvent flous voire abstraits : être plus heureux ? Plus serein ? Plus efficace etc. ? (2)
Heureusement, certaines prises de paroles ont le mérite de la simplicité (3).
Ainsi, de nouvelles recherches (1) mettent en lumière que de nombreuses habitudes présentées systématiquement comme mauvaises ne seraient pas si délétères. Elles permettraient même d'équilibrer nos journées, et, au final, d'équilibrer notre fonctionnement collectif...
Pardon ?
Si vous avez jeté un œil aux notes de bas de page ou si la date du 1er avril éveille systématiquement en vous de la méfiance, vous l'aurez compris : ce texte s'inscrit dans la (longue) tradition des "canulars scientifiques".
A sa lecture, vous aurez peut-être ressenti en partie ce que nous avons pensé en l'écrivant : "Tiens, et si c'était vrai ? Cela relâcherait un peu la pression non ?". Une petite voix semble prête à adhérer à ceci : serions-nous aller trop loin dans les injonctions à "supprimer nos mauvaises habitudes" ?
Secteur par secteur pourtant, notre mémoire sur le chemin parcouru sur des milliers de sujets semble nous jouer des tours : ne pas mettre sa ceinture de sécurité en voiture ou de casque au ski, fumer au bureau ou dans un cinéma, favoriser une ambiance toxique ou misogyne au travail... semblent loin derrière, non ?
Les frontières de ce qui sauvent des vies, améliorent la santé, permettent de se déplacer ou de travailler sereinement nécessitent une exploration continue. C'est pourquoi, pour les chercheurs de toute spécialité, les questions posées et analysées sont essentielles : comment qualifier et identifier des habitudes problématiques ? Comment distinguer les choix individuels, conscients ou inconscients, des structures et mécanismes collectifs ? Quels sont leurs effets, leurs coûts au sens large ? Qu'empêchent-elles ou autre contraire que permettraient-elles d'améliorer (de "gagner"), et dans quelle mesure, si elles venaient à être corrigées ?
Nos professeurs ne font pas exception puisqu'ils s'intéressent, au quotidien et pour notre quotidien professionnel, à cette problématique des habitudes, des changements, des ressorts psychologiques, de la pression sociale etc.
Nous vous invitons à découvrir ci-dessous quelques-unes de leurs contributions récentes sur ces sujets.
EDHEC Vox récents sur le travail (habitudes, management, émotions, biais, IA...)
4 questions à Julia Milner sur le pouvoir des habitudes
Julia Milner, professeure à l'EDHEC, a publié de nombreux articles scientifiques sur le leadership, la microgestion, le rôle des émotions et l'interculturalité. Dans son nouveau livre (Greenleaf, 2026), elle explore les habitudes et répond ici à quelques questions pour nous aider, en cette période de l'année où nous prenons des résolutions, à mieux nous connaître afin de pouvoir avoir confiance dans le pouvoir du changement... Lire cette interview
IA en entreprise : voici 5 phrases qu’Arnaud Billion nous invite à ne plus prononcer (et pourquoi !)
Suite à la publication de son dernier ouvrage « IA : Techniques, éthique, juridique et bonnes pratiques » (Afnor, 2026) co-écrit avec quatre autres chercheurs, Arnaud Billion - professeur associé à l’EDHEC, chercheur affilié à l’EDHEC Augmented Law Institute - revient sur 5 croyances communes relatives à l’IA en entreprise et pourquoi nous devrions les remettre en cause... Lire cette interview
Ce que les entrepreneurs et les dirigeants d'entreprise devraient savoir sur les émotions
Fabian Bernhard, professeur à l'EDHEC, présente son dernier ouvrage intitulé « Self-Conscious and Moral Emotions in Collectives » (Springer, 2025). Il s'intéresse particulièrement aux entrepreneurs et aux entreprises familiales et soutient que le rôle des émotions est largement méconnu et sous-estimé, en particulier la fierté et la culpabilité, qui sont des émotions puissantes liées à la conscience de soi... Lire cet article
Proactivité au travail : mieux anticiper pour mieux gérer
Dans cet article, construit à partir d'un papier académique ("The Cognitive Cost of Going the Extra Mile") publié dans le Journal of Applied Psychology, Mouna El Mansouri, Assistant Professor à l'EDHEC, et ses coautrices, explorent pourquoi le fait d'en faire plus en étant proactif peut en réalité nous rendre moins performants dans notre travail en nuisant à nos capacités cognitives... Lire cet article
« L'usage de l'intelligence artificielle doit rester centré sur l’humain et guidé par des valeurs »
Alors que l’intelligence artificielle bouleverse les industries du monde entier, les écoles de management sont confrontées à un double défi : enseigner l’IA, et enseigner avec l’IA. Michelle Sisto - professeure associée, doyenne associée - a pris la tête du nouveau centre dédié à l'IA au sein de l’EDHEC, et détaille ici, notamment, la façon dont les étudiants utilisent l'IA, quels enjeux cela soulève spécifiquement, et comment l'EDHEC a structuré son approche du sujet... Lire cette interview
Managers, abandonner n’est pas une preuve d’échec. C’est une compétence !
Julia Milner, professeure à l'EDHEC, s'intéresse ici aux recherches et méthodes "qui montrent que pour changer, il faut peut-être commencer par changer la manière de penser… puis celle de faire". Si de nombreux managers promettent régulièrement de changer leurs habitudes, les anciennes routines s'avèrent en effet difficiles à changer : cela ne doit pas venir de contraintes supplémentaires, mais d'un véritable lâcher-prise... Lire cet article
4 questions à Luc de Rancourt sur le leadership en temps d’incertitude, de l’armée à l’entreprise
Luc de Rancourt, co-directeur de la chaire Géopolitique et Stratégie d'entreprise à l'EDHEC, présente les enseignements d'un ouvrage croisant management militaire et entrepreneurial : « S'adapter, décider et agir en avenir incertain - Quand le management s'inspire de l'Armée de l'air et de l'espace » (Dunod, 2025). Avec ses co-auteurs, ils montrent comment les pratiques de l'Armée de l'air (gestion du risque, sens collectif de la mission, "ambidextrie" entre rigueur et agilité...) peuvent inspirer les dirigeants d'entreprise... Lire cette interview
À la rencontre d'Hager Jemel-Fornetty, une professeure décidée à faire changer les regards sur l'inclusion et la diversité
https://www.edhec.edu/fr/recherche-et-faculte/edhec-vox/a-la-rencontre-d-hager-jemel-fornetty-une-professeure-faire-changer-regards-sur-diversite-inclusion
(on peut angler : chemin encore long sur les "habitudes" pro autour de la diversité…)
Comment les entreprises peuvent réduire les émotions négatives après une crise
https://www.edhec.edu/fr/recherche-et-faculte/edhec-vox/comment-les-entreprises-peuvent-reduire-les-emotions-negatives-apres-une-crise
(on peut angler : mauvaises réactions/habitudes sont légions en tant de crise, comment faire ?)
La GenZ veut-elle encore manager ?
https://www.edhec.edu/fr/recherche-et-faculte/edhec-vox/la-genz-veut-elle-encore-manager
(on peut angler 3 lignes sur les demandes de la genZ de dépoussiérer le management comme un bon levier pour revoir les habitudes professionnelles délétères)
[1/2] "Around the word" : pleine conscience - Au travail : quelles techniques pour quels bienfaits ?
The Craft of Leadership: Mark Carney’s Rhetoric on Display
https://www.edhec.edu/en/research-and-faculty/edhec-vox/craft-of-leadership-mark-carney-s-rhetoric-on-display-davos-2026
(on peut angler sur des prises de parole manquant de structure, de souffle, de simplicité… et les tips rhétoriques existants)
Notes
(1) Avec "des chercheurs disent ceci..." ou "de nouvelles recherche montrent que...", nous rencontrons d'entrée de jeu des formules génériques. Pourtant, tout contenu présentant des travaux scientifiques doit être précis sur les auteurs, leurs affiliations, le titre des recherches mis en avant, la date de publication, l'émetteur ou le publiant (journal scientifique, maison d'édition etc.). C'est donc volontairement qu'ici la formule est (trop) générale.
(2) Le lecteur ressentira sans doute une étrange impression ici : nous opposons à dessein un constat initial clairement flou (qu'appelle-t-on "mauvaises habitudes" ? est-ce un sujet consensuel ? etc.) à des objectifs certes généraux mais plutôt transparents (être heureux, serein...), tout en inversant cela. Etrange non ?
(3) La simplicité ne se décrète sans doute pas, elle est un objectif, un moyen, une façon de travailler pour mettre à disposition du plus grand nombre des concepts ou des recommandations. Surtout que formulé ainsi, et au vue des éléments proposés, on ne sait pas trop sur quoi ce base cette affirmation...
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