Etablir ce qui fait le succès ou non d’une start-up nécessite un temps, ce temps nécessaire pour observer, analyser, recouper les facteurs de succès et extraire des tendances. Que nous apprend cette analyse empirique des faits ?

Beaucoup a déjà été dit ou écrit sur l’idée, l’équipe, l’écoute client / utilisateur, l’application du Lean Start-Up etc…Pourtant, un aspect reste largement sous-estimé : la façon dont l’entrepreneur lui-même s’organise et vit son projet. La gestion du temps est en effet primordiale. Le plus souvent il y a un temps limité pour réussir : celui nécessaire à générer un premier salaire, le « Time to Market ». Pendant cette « fenêtre de tir » tout doit être fait pour réussir, faute de quoi l’entrepreneur risque de voir passer le train de l’opportunité sans être monté dedans.

Ainsi la gestion de son temps mais également de lui-même sont des facteurs primordiaux de réussite pour celui qui entreprend. Quand un athlète se prépare aux Jeux Olympiques, il privilégie un entrainement optimal mais aussi un repos optimal pour maximiser ses performances. C’est dans cet état d’esprit que doit s’inscrire l’entrepreneur. Comment s’y prendre ?

Devenir entrepreneur, en particulier après une expérience professionnelle, c’est désormais être libre de son temps. N’est-ce pas une autre raison d’entreprendre ? Pourtant, cette liberté comporte un double piège. D’une part, tout accès à une ressource abondante génère une consommation excessive de cette ressource. Il est parfois surprenant de constater que des entrepreneurs en phase de lancement prennent des vacances ou se dispersent avec de nombreuses activités non stratégiques (Conférences, Meetup etc…). A l’inverse, une situation d’« over-work » ou « sur-activité » où chaque moment non travaillé est vécu comme un moment perdu engendre de la culpabilité et finalement beaucoup de stress.

Souvent le temps est considéré par l’entrepreneur comme un sablier dont le sable s’écoule irrémédiablement sans avoir de prise dessus. C’est valable pour ses jours, ses semaines etc..Pour se réapproprier le temps, une bonne méthode consiste à remplir le sablier par le bas par des blocs de travail structurants. Les journées ne sont alors plus subies mais vécues selon sa volonté. Une fois maître de son temps, il pourra l’optimiser pour la performance et l’atteinte des objectifs souhaités. Pour un athlète de haut niveau planifier le repos permet la surcompensation, pour un entrepreneur planifier aussi des temps de recherches, de loisirs, de self-developpement permet de continuer à vivre son projet comme un enchantement permanent.

Une fois les objectifs clairement exprimés et la planification des actions effectuée, s’agirait-il alors de ne suivre que le plan ? L’observation des faits démontre que cela n’est pas si simple. Des sollicitations de toute part vont venir perturber voire parfois annihiler les volontés. Pour résister et optimiser son temps, il est essentiel pour l’entrepreneur de sans cesse se poser les questions suivantes :

► Que se passerai-il si j’arrêtais de faire ce que je fais maintenant ? Si la réponse est « rien », alors il n’a plus de raison de le faire.

► Que vais-je faire aujourd’hui ? Est-ce que cela va contribuer à l’atteinte des objectifs fixés ? Si la réponse est non, alors il s’agit de se recentrer sur des actions qui y contribuent. Cette question doit être posée chaque matin mais également chaque semaine et chaque mois.

Plus qu’une règle, c’est un état d’esprit à développer. Chaque moment passé peut être un moment gagné… Ou perdu.

L’état d’esprit de l’entrepreneur au sens large est celui-là : chaque jour doit être son jour préféré, vacances ou non. Un moyen essentiel pour regarder les obstacles et les affronter avec plus de sérénité car ils font alors partie du chemin. Cette démarche intégrée, l’entrepreneur devra aussi prendre du temps pour lui.

Gérer son temps, se le réapproprier, faire des plans, se donner des objectifs clairs, s’occuper de soi et être bienveillant à soi-même sont des clés essentielles à la réussite d’un projet entrepreneurial. Il faut 21 jours pour ancrer de nouvelles habitudes dans le cerveau. Entrepreneurs, vous commencez quand ?